La Moravie de Napoléon
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11 / L´affrontement des troupes d´élites à Holubitz


GPS: 49.161821N, 16.820269E

11 / L´affrontement des troupes d´élites à Holubitz

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Le village se trouve à cinq kilomètres vers le nord-ouest d´Austerlitz. La partie locale nommée Kruch (Kruh) (avant Tři Dvory – Trois cours) se trouve vers l´ouest. Elle partageait jadis son autonomie avec Holubitz. Vers la fin des années soixante-dix du siècle dernier, on retrouva pendant la construction de l´autoroute D1 une nécropole de la deuxième moitié du Xe siècle et dedans les plus vieilles monnaies des rois de Hongrie et des princes Přemyslides. Holubitz devint soudain l´un des plus importants sites archéologiques sur le territoire de la Moravie. Il y eut aussi des découvertes de l´époque des habitations des Langobardes et d´autres cultures.

Le soir avant la bataille, les armées des alliés (environ 85 000 hommes) occupèrent des positions en ligne de la zone de Posoritz, Holubitz, Pratzen jusqu´à Augezd. Holubitz et le hameau Kruch furent les témoins de rudes combats de cavalerie. Le Ve corps français appuyé par la cavalerie de Murat avança vers Holubitz et repoussa les alliés vers Raussnitz.

La garde impériale, l´unité d´élite dans laquelle servait l´élite de la société russe, vint dans cette situation comme la dernière. Elle comptait environ dix mille hommes. Le frère cadet de l´empereur russe Alexandre, le grand duc Constantin Pavlovitch, commandait cette garde. C´était un homme capricieux et impulsif mais pourtant un tacticien militaire expérimenté. La situation dans laquelle il se précipita avec ses soldats dut le prendre au dépourvu. A l´origine, la garde devait servir comme réserve des colonnes en progression d’attaque des alliés mais elle se retrouva tout à coup en première ligne de combat et fut attaquée par les troupes du maréchal Lannes près de Blasowitz (Blažejovice). Elle dut se défendre. Lannes était un bon tacticien avec le sens du combat et en plus, aimé de ses soldats. Il entra à l’armée à l´âge de vingt-trois ans et devint maréchal à trente-cinq ans. Il aimait les risques dans le combat et il se jetait avec enthousiasme dans des situations proches de celle que nous venons de décrire.

Le combat tendu des unités d´élites

La cavalerie de la garde russe essaya de renverser la situation, son côté droit fut couvert entre-temps par une colonne de cavalerie avec à sa tête le prince de Liechtenstein. La cavalerie de la garde russe attaqua sur le centre de la division de Vandamme. Napoléon avait déjà quitté Žuráň à ce moment-là et suivit avec sa garde impériale le déroulement de la bataille de la colline des anciens vignobles. Il était presque midi. Deux régiments français livrèrent une lutte vaine avec la cavalerie de la garde russe. Napoléon détacha tout de suite une partie de son escadron personnel – des grenadiers de cavalerie et des chasseurs de cavalerie avec les célèbres mamelouks pour les aider. Ils furent partiellement arrêtés par le tir de boîtes à mitraille des canons russes. Pourtant certains cavaliers pénètrèrent dans la formation russe. Mais ils furent vite repoussés.

Le lieutenant Morland qui menait cette attaque en paya l´échec de sa propre vie à l´intérieur de la formation russe. Napoléon ordonna à son aide de camp, le général Rapp, de menait la deuxième attaque des chasseurs de cavalerie. Cette attaque se montra plus réussie et la garde russe fut forcée de reculer laissant derrière elle des centaines de morts et blessés. Le combat des unités d´élite ne pouvait pas influencer de façon importante le résultat de toute la bataille, pourtant il entra dans l´histoire. D´une part, parce que les unités d´élite des deux armées s´affrontèrent mais d’autre part, parce qu´il était la preuve de la coordination et de l’intervention efficace des différents éléments de l´armée française.

L´esprit de la Révolution est encore vivant

Le plus grand problème de l´armée des alliés constitait en sa direction. Elle n´était pas capable de fonctionner comme un ensemble organique, elle ne profitait pas des avantages du terrain, ne faisait pas de manœuvres complexes et donnait l´impression d´être lourde. La barrière linguistique causait des problèmes dans le domaine de la traduction – beaucoup de commandants n´obtinrent pas d’ordres et d’informations à temps parce qu´on arrivait pas à les traduire.

L´armée française avait au contraire beaucoup d´avantages. Elle se distinguait par une méthode de combat moderne – la Révolution française était toujours présente dans la conscience des Français et l´esprit révolutionnaire était fort présent chez les soldats. Le service militaire était déjà obligatoire, donc chacun des citoyens français était un citoyen armé. Ce fut l´armée révolutionnaire française qui introduisit la nouvelle tactique des formations libres par opposition aux éléments vieillis de la tactique linéaire. Napoléon prit en main cette armée et l´enrichit de nouveaux éléments tactiques d´organisation.

L´artillerie reçut un rôle important. Elle était concentrée dans de grandes formations employées massivement L’armée française avec un nombre de 500 000 hommes était la deuxième plus grande armée après celle de la Russie. Beaucoup de jeunes recrues servaient dans l’armée. Elles avaient suivi souvent seulement un entraînement de base, donc ils se comportaient plutôt instinctivement dans les combats. Ils faisaient des formations qui étaient assez mobiles et se regroupaient facilement dans les combats. Dans l´armée française on recevait ses grades pour ses mérites et par la preuve de ses capacités tandis que les positions de commandement les plus élevées étaient réservées seulement pour la noblesse.

Des soldats géants vers le monument en granit

Il y a aujourd´hui dans l´espace du rassemblement de la garde de cavalerie russe une usine de béton que vous reconnaîtrez facilement. La conception industrielle est réalisé d´après le genius loci par trois silhouettes géantes de soldats et d’un canon. Si vous roulez sur l´autoroute vers le sud en direction de Holubitz, vous verrez à l´ouest le lieu de l´affrontement et plus loin dans la même direction Žuráň et Santon. Si vous continuez dans l´autre sens (à gauche du passage souterrain) vous arrivez jusqu´au Vieux Fouloir (l´ancien moulin entre Holubitz et Krzenowitz sur le ruisseau Rakovec). Les uhlans du grand-duc furent repoussés jusque là. L´événement où s´affrontèrent 16 000 soldats est rappelé aujourd’hui par le monument en granit au-dessus du village à droite du point de jonction avec la route principale d´Olmütz. Chaque année avant l´anniversaire de la bataille a lieu la marche vers le monument dédié aux victimes de la bataille d´Austerlitz. Les enfants l´attendent avec joie « armés » de toutes sortes de lanternes vénitiennes.