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7 / Les soins médicaux progressifs à Schlappanitz

Masarykovo nám. 18, 664 51 Šlapanice
(+ 420) 544 228 029
slapanice.muzeumbrnenska.cz

GPS: 49.1692611N, 16.7271178E

7 / Les soins médicaux progressifs à Schlappanitz

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Au début du XIXe siècle, Schlappanitz (Šlapanice) représentait le centre agricole qui fournissait le pain et le lait à Brünn. Il y avait à peu près huit fois moins d´habitants qu´aujourd´hui. Même si la fournaise de la guerre n´atteignit pas directement le village, ses habitants connurent beaucoup de peines au temps de la bataille. Le fait que toutes les trois armées passèrent par la ville prouve cette constatation.

Le refuge de l´état-major principal des armées des alliés

Le commandant en chef russe, Koutouzov apparut à Schlappanitz le 17 novembre 1805. Le jour suivant, le général partit à Raussnitz (Rousínov) puis il continua vers Olmütz où son corps devait rejoindre l´autre armée russe du général Buxhöwden. Le 19 novembre 1805 quand les Français occupèrent toute la zone du sud de Brünn, l´état-major principal de l´armée des alliés se trouvait à Schlappanitz. Ce jour-là, le commandant de la cavalerie austro-russe, Jean Ier de Liechtenstein se logea à la cure. Comme le seul de tous les généraux, ce dernier combattit littéralement sur sa propre terre. Entre autre, il possédait le domaine de (Posoritz) Pozořice . C´est en 1805 qu´il hérita après la mort de son frère aîné de tous les domaines familiaux en Moravie, Autriche et Bohème et il quitta à contre coeur son château de Feldsberg pour se charger de la direction de la cavalerie impériale décimée[14]. Les troupes de Liechtenstein étaient déployées sur les champs près de Schlappanitz. Il y avait beaucoup de soldats russes à l´époque dans le village. Ils occupaient toutes les rues, y allumaient des feux et préparer les repas qu´ils confisquaient aux habitants. « Ils m´ont volé deux cochons que je voulais justement faire tuer. Ils ont pris aussi tous les poulets, le foin, la paille et même le bois, » écrivit dans la chronique paroissiale le curé de Schlappanitz, František Arnošt Franke. Les alliés ne restèrent pas trop longtemps à Schlappanitz, ils levèrent le camp le lendemain avant l´aube et reculèrent vers Wischau. Les habitants locaux n´eurent pas une minute de repos. Les armées s´échangèrent tout simplement le village. Quand les premières gardes françaises apparurent, elles demandèrent tout de suite du vin, de l´argent, du linge et des chaussures.

Les soldats prenaient tout

Après la réquisition des aliments demandés, seulement trente soldats et deux officiers restèrent à Schlappanitz comme garde locale. Comme le prouve la note dans la chronique, les peines ne finirent pas pour les habitants. Nicolas Jean de Dieu Soult, le commandant du IVe corps français et son état-major arrivèrent au village le samedi le 30 novembre et prirent la cure et la scolastérie (actuellement le musée de la région de Brünn) et ils en firent leur bureau. Son aide de camp réclama toutes les clés et réquisitionna les alimentats et le vin. Une vingtaine de milliers de soldats logeaient à Schlappanitz et dans ses environs juste avant la bataille.

De nouveaux procédés médicaux sauvèrent des dizaines de vies

Le jour fatal de la rencontre des armées près d´Austerlitz, Schlappanitz se trouvait dans l´arrière-garde française, ce qui en faisait une place idéale pour le soin des blessés mais aussi pour la détention des prisonniers. Pendant la bataille, près de 400 Russes furent détenus dans l´église de Schlappanitz. Deux grands bâtiments servaient pour les besoins des médecins militaires – le scolasticat monastique et le château des Blümegen où on installa des lazarets et une antenne chirurgicale. L´histoire du château remonte au milieu du XVIIIe siècle à l’époque où le préfet du pays Jindřich Kajetán Blümegen le possédait. Aujourd‘hui on peut y trouver le bâtiment du lycée. Au temps de la bataille, Jean Dominique Larrey, le chef-chirurgien des gardes impériales exerça là-bas. Il introduisit des procédés révolutionnaires dans le soin des malades. Il s´agissait par exemple de fournir les soins rudimentaires le plus vite possible. Pour cela, on se servait de lazarets mobiles sur des chariots qu´on appelait des « ambulances volantes ». Pour mieux imaginer – les graves blessures sur le champ de bataille constituaient jusqu´à l’époque souvent de longues heures sans aucune aide. Malgré la grande pénurie de matériel médical et des conditions hygiéniques incongrues, Larrey et ses subordonnés sauvèrent des dizaines de vies humaines grâce à leurs interventions bien exécutées.

Les soins du chirurgien n´étaient guère faciles en ce temps-là. Les procédés les plus fréquents restaient l’amputation des membres, même pour des blessures légères, pour prévenir la gangrène de la plaie infectée. L´amputation lobalaire prenait au médecin expérimenté comme l´était Larrey et ses collègues seulement incroyablement deux à quatre minutes. La vitesse était justement nécessaire en des temps où l´anesthésie n´existait pas encore . Larrey atteignait l´effet de l´anesthésie par l´hypothermie de la plaie ou par la teinture de l´opium. Mais le blessé était le plus souvent enivré par l´eau-de-vie. Les médecins luttaient désespérément et presque vainement contre les épidémies des maladies infectieuses qui se propageaient faute d´hygiène adéquate parmi les habitants .

Ils n´oublièrent pas l´héroïsme des médecins

Les milliers de soldats qui avaient péri sur les champs de Schlappanitz sont rappelés par le calvaire encastré dans la façade de la maison de la rue Jiříkovská où furent enterrés les morts du lazaret du château. Leurs dépouilles mortelles furent plus tard déposées au cimetière de Schlappanitz où en l´honneur des soldats tombés à la guerre on érigea en 1965 le mémorial orné par l´initial
« N ». En 2005 on aconstruit le mémorial pour le chirurgien Larrey et les autres au carrefour des rues Riegrova et Brněnská.

L´église de l´Assomption de la Sainte Vierge forme la dominante de la ville où après la bataille on détint en captivité des centaines de soldats russes. Dans le bâtiment de l´ancienne scolastérie nous pouvons trouver le Musée de Brünn dont les collections contiennent par exemple le fond de l´héritage du célèbre peintre paysagiste tchèque Alois Kalvoda. Deux carrosses restaurés provenant du tournant du XIXe et XXe siècle constituent une autre curiosité du musée. Actuellement de nombreuses expositions thématiques visent surtout les jeunes visiteurs .