La Moravie de Napoléon
l'histoire d'Europe a portée de la main
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1 / La bataille des Trois Empereurs s´approche

Radnická 2, 602 00 Brno
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GPS: 49.1934789N, 16.6083375E

1 / La bataille des Trois Empereurs s´approche

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La ville de Brünn (Brno) se trouve au cœur de l´Europe. Elle est accueillante envers ses touristes et ses habitants. Rien n´est trop loin à Brünn et même les habitants sont proches les uns des autres. Il y a des dizaines de milliers d´étudiants et des gens du monde entier travaillent à Brünn. C´est pourquoi, Brünn est la ville de l´invention, de la créativité mais aussi de la bohème. Mais nous allons revenir dans les pages suivantes à une période de l´histoire plus éloignée et nous nous déplacerons à l´époque des campagnes de Napoléon, qui par son déroulement a considérablement influencé la vie des hommes, le visage de tout le territoire et son développement.

Des remparts solides autour de la ville avec des gardiens vigilants et la redoutable forteresse Spielberg (Špilberk) sur la rude colline au-dessus de la ville, l´une des plus fortes de la monarchie des Habsbourg. Telle était l ´image de Brünn en 1805 au temps de la bataille des Trois Empereurs. Elle paraissait représenter un lieu idéal pour la défense contre l´ennemi. Pourtant, la ville ouvrit ses portes à Napoléon sans combat, ce qui surprit même l´empereur français. Depuis le printemps 1805, l´affrontement des puissances était infaillible mais personne n´imaginait que la fournaise de la guerre pourrait frapper la Moravie. L´immense armée française s´étendait sur les bords du canal de la Manche et était prête pour l´invasion de l’Angleterre. Mais les Anglais réussirent à ce moment-là une bonne action diplomatique: ils conclurent une alliance - la troisième coalition anti-française: avec la Russie et l´Autriche. Ils ne firent pas intervenir des soldats dans des opérations guerrières mais par des investissements ils payèrent leurs alliés. Napoléon apprit que des troupes austro-russes s’étaient mises en mouvement à la mi-août 1805. Il commanda de marcher vers le continent au lieu de se diriger vers l´ennemi anglais. Et c´était ainsi que commença la troisième coalition.

La campagne à travers l´Autriche jusqu´à la Moravie du Sud

L´armée française se mit rapidement en route vers l´est. Elle parcourut mille kilomètres en huit semaines. Pour parcourir aujourd´hui la même distance vous auriez besoin de douze à treize heures en voiture. Les soldats français réussirent à effectuer un parcours de vingt-cinq à trente kilomètres par jour, ce qui était une distance surprenante à l´époque. Ils se battirent avec l´ennemi en chemin. Ils combattirent le général autrichien Mack avec ses trente mille hommes près d´Ulm et ouvrirent ainsi la voie vers Vienne. Elle avait déjà été quittée en hâte par l´empereur autrichien François I. et ainsi livrée aux ennemis. Les Français progressèrent de Vienne vers Brünn rapidement. La ville n´avait pas assez de temps pour préparer sa défense qui n´était pas possible après la chute de Vienne et la fuite de la cour impériale. Les informations se diffusaient lentement et en plus elles étaient contrariées par de fausses rumeurs. Les nouvelles des pays éloignés se transmettaient sur la base de bribes d´informations et de prévisions. Certains Moraves attendaient les Français avec l´espoir d´être libérés de la corvée. L´avancée des troupes et le pillage changeaient l´opinion des gens. La rencontre personnelle constituait souvent une déception amère. La Moravie fut forcée dès le début d´approvisionner l´ennemi en alimentation, en fourrage pour les chevaux mais aussi en argent.

L´autorité et les soldats fuient devant les Français

Quand le 17 novembre se répandit la nouvelle que les troupes françaises étaient parvenues sur le territoire de Moravie près de Znaim, les gens furent pris de panique. Celui qui pouvait, se sauvait en hâte, y compris l´autorité administrative. La route impériale était encombrée de la même façon que le connaissent aujourd´hui les conducteurs aux heures de pointe. « En ce temps-là toutes les autorités partirent de Brünn et de leurs domaines. La route était ocuppée en permanence et aucun bureau ne fonctionnait, tout s’était arrêté » décrit Jan Čupík de Oels (Olešnice) dans la chronique de la ville.

La ville fut quittée le lundi le 18 novembre par les soldats de la garnison de Spielberg et les habitants furent pris de panique et de terreur. La peur, l´angoisse et le désespoir régnaient. Ceux qui restaient étaient effrayés jusqu´à la mort. Les bourgeois devaient défendre les remparts par leurs propres forces. Les premiers Français de la compagnie des chasseurs de cavalerie du maréchal Murat avec d´autres troupes de cavalerie arrivèrent à Brünn le mardi le 19 novembre. Ils pénétrèrent par la porte de Brünn, au bout de l´actuelle rue Pekařská, et firent immédiatement irruption à l´intérieur des remparts. Toute la ville intérieure fut occupée en quelques minutes. On n´entendait que le martèlement strident des pieds des chevaux. Le rythme régulier de la ville principale de la région Morave-Silésienne se tut. « Tous les cafés et magasins étaient fermés. La ville paraissait comme une ville morte. On pouvait seulement voir ici et là un soldat français ». Tel était le souvenir du 19 novembre 1805 à Brünn du curé de Myslibořice.

L´arrivée célèbre et redoutable de Napoléon en Moravie

Le lendemain, l´arrivée solennelle de Napoléon à Brünn était annoncée par les Français qui étaient déjà présents en ville. L´empereur français vêtu d´un manteau brun et du chapeau bicorne par lequel il se différenciait consciemment de tous ses maréchaux et généraux, apparut vers les dix-sept heures de l´après-midi. D´après d´autres notes du curé Horký, il était accompagné par les propres maîtres de l´enfer: « Il était accompagné par des mamelouks qui avaient l´air de diables. Ils avaient des cous et torses nus, les visages dévorés par la barbe, ils étaient tous brûlés par le soleil, autour du corps, une large ceinture avec des couteaux et un court sabre en forme de serpe qui pendait. »

L´arrivée de Napoléon apporta aux simples habitants surtout des problèmes et la peur. Ils étaient effrayés que le conflit guerrier qui s´approchait ne les frappât directement. Quand les Français commencèrent à construire une fortification autour de la Porte Juive – dans les locaux de l´actuelle gare principale - on chuchota parmi les habitants de Brünn que la ville deviendrait l´un des derniers points de résistance de l´armée française.

Or, Napoléon avait d´autres plans pour le lieu du combat. Il voulait attirer les alliés sur le terrain modérément ondulé entre Brünn et Austerlitz. Depuis le 21 novembre, il fréquentait quotidiennement ces lieux avec son cortège et il disait avec insistance à ses généraux: 
« Regardez bien ce terrain. Cela deviendra le lieu de la bataille. Vous devrez bien jouer votre rôle ici. » Il rentrait à Brünn toujours à la nuit. Deux chandelles enflammées à chaque fenêtre dont les flammes rappelaient les étoiles étincelant sur le ciel nocturne le recevaient de loin. Pensez-vous que les Moraves aimaient tellement Napoléon? Non, nous ne pouvons décidément pas parler d´amour envers l´empereur. Les gens ne le faisaient pas volontiers mais c´était l´ordre de Napoléon lui-même d´installer l´illumination festive. Pourtant le déplacement des troupes des soldats vers le lieu du champ bataille ne débarrassa pas du tout la ville de toutes les peines liées à la guerre.